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Des plateformes québécoises
pour le Pentagone

(Article tiré du Journal Les Affaires, écrit par Dominique Froment, 13 février 2002)

Le Pentagone, centre névralgique de l’Armée américaine, partiellement détruit le 11 septembre dernier par des terroristes, sera reconstruit à temps pour le 11 septembre prochain. Et à cette occasion, on peut s’attendre à une montée de patriotisme du genre we are back !

Les Québécois pourront tirer un peu de fierté de cet événement, puisque les Produits Fraco, de Saint- Mathias-sur-Richelieu, auront contribué à la renaissance du phénix (le projet porte le nom de Phoenix Project).

La PME, qui a participé à la construction du stade olympique d’Atlanta, a obtenu le contrat de fourniture des plateformes élévatrices hydrauliques qui permettront aux ouvriers de refaire le mur extérieur du Pentagone. ´ Nous avons obtenu le contrat même si des concurrents étaient prêts à faire le travail gratuitement, juste pour le prestige, parce que nous étions les seuls à pouvoir faire ce travail ª, affirme Armand Rainville, président de Fraco.

Comme pour l’ambassage américaine à Ottawa, Fraco devra modifier ses plateformes car on lui interdit de les ancrer au mur, seulement au toit. Parce que s’il y a des trous dans le mur, une personne mal intentionnée pourrait être tentée d’y introduire des micros ! Maçon de profession, M. Rainville a loué en 1992 les plateformes élévatrices de son inventeur, André St-Germain (le frère de Jean, l’inventeur du biberon Playtex). M. Rainville a trouvé l’invention géniale et comme M. St-Germain cherchait un partenaire, il a acheté Fraco. M. St-Germain est aujourd’hui vice-président recherche et développement.

Sous la gouverne de M. Rainville, Fraco connaît une croissance fulgurante d’environ 50 % par année : le chiffre d’affaires est passé de 4,9 M$ en 1998 (exercice terminé le 30 septembre) à 8,3 M$ en 1999, 13,3 M$ en 2000 et 21,6 M$ en 2001. Et M. Rainville, qui prévoit 31 M$ en 2002, ne voit pas de ralentissement à l’horizon.

La location de plateformes représente une activité fort intéressante pour Fraco; l’an dernier, 40 % de son chiffre d’affaires provenait de cette activité. Ces plateformes peuvent mesurer jusqu’à 36 pieds avec un mât unique et 105 pieds avec un mât double. Les premières peuvent supporter une charge de quatre tonnes, les secondes une charge de huit tonnes.

Depuis l’an dernier, Fraco fait fabriquer des plateformes en sous-traitance en Pologne, où elle exploite un centre de location.

Comme ce pays connaît un boom de construction résidentielle incroyable, M. Rainville discute présentement avec des partenaires polonais pour fabriquer lui-même ses plateformes dans ce pays d’Europe centrale. Par ailleurs, M. Rainville se rendra à Pékin, en Chine, à la fin du mois, pour y ouvrir un centre de location. ´ Quand j’avais rencontré le maire de Pékin, il m’avait dit que si sa ville obtenait les Jeux olympiques de 2008, il ferait adopter une loi qui obligerait que toutes les façades de la ville soit nettoyées, repeintes ou restaurées. Comme Pékin a obtenu ces jeux, il va y avoir beaucoup de travail pour nous. ª M. Rainville a ses entrées en Chine grâce au Beijing Urban Construction Group, qui construira le futur opéra de Pékin.

Fraco emploie aussi neuf personnes à son siège européen de Compiègne, en France, où elle a 44 plateformes en location. La société a également des centres de vente et de location à Dallas, Baltimore et Boston, aux États-Unis, et à Toronto. Elle ouvrira cette année un centre à Atlanta et à Orlando, en Floride. C’est l’épouse de M. Rainville, Claudette L’Heureux, une ancienne enseignante, qui est responsable du développement des affaires.

Transparence égale confiance

Chez Fraco, tous les employés connaissent le salaire de leurs confrères et consoeurs. ´ L’information crée la confiance ª, estime M. Rainville, qui croit beaucoup à la gestion participative. Chaque mercredi, les employés se réunissent au dîner pour discuter d’un sujet en particulier, comme l’approche fournisseur-client à l’intérieur de l’usine.

Les employés touchent 10 % des profits de Fraco et ils pourront en devenir actionnaires grâce à la SPEQ (société de placement dans l’entreprise québécoise) qui sera bientôt mise sur pied.

Et puisqu’il est question de transparence, M. Rainville a remis aux AFFAIRES un résumé de ses états financiers, ce qui est très rare pour une société à capital fermé. Le bénéfice net de Fraco a été de 387 811 $ en 1998, de 1,34 M$ en 1999, de 311 799 $ en 2000 et de 1,54 M$ en 2001.La société de gestion de la famille Rainville, Maçonnerie Rainville, détient 57 % de Fraco et 100 % de Rainville et Frères. Cette dernière entreprise a fait la maçonnerie du Musée Pointe-à-Callière, de Montréal, et travaille présentement au Marché Bonsecours. Chaque année, elle restaure sept ou huit églises de l’évêché de Montréal. Son chiffre d’affaires est de 8 M$ et elle emploie entre 70 et 100 personnes.

Coup d’oeil sur l’entreprise

Nom Produits Fraco
Siège social Saint-Mathias-sur-Richelieu
Employés 200 (dont 140 au Québec)
Chiffre d’affaires 31 M$ (au 30 septembre 2002)
Marché Mondial
Actionnaires Famille Rainville (57 %), André Saint-Germain (10 %) et actionnaires multiples.
Année de fondation 1992

Site Internet www.fraco.com

 

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