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Confab, une entreprise de Saint-Hubert, reçoit la certification américaine de la Food and Drug Administration (FDA)

Selon un article tiré du Journal Les Affaires du 19 septembre 2002,
rédigé par Dominique Froment

Après trois ans d’efforts et des investissements de 3 M$, les Laboratoires Confab, de Longueuil (Saint-Hubert), viennent d’obtenir la certification américaine de la Food and Drug Administration (FDA), probablement la plus sévère au monde. Pour le fabricant à contrat de produits pharmaceutiques, cette certification ouvre toutes grandes les portes du marché américain. « Avec ça, on peut facilement prévoir doubler notre chiffre d’affaires en trois ans », affirme Guy Lamarre, président du conseil et directeur général de Confab, en nous faisant visiter, tous coiffés du couvre-chef rendu célèbre par Gilles Duceppe, son usine d’où émane une agréable odeur de ginseng et de sirop contre le rhume.

Confab manufacture des comprimés, des capsules, des ampoules, des crèmes, des onguents et des liquides pour le compte de petites et de grandes sociétés pharmaceutiques (Bayer, Ratiopharm, Sabex, Pharmascience, etc.). Les seuls produits qu’elle ne manufacture pas sont les antibiotiques et les médicaments injectables.

Cette année, 27 % de son chiffre d’affaires de 25 à 30 M$ viendra des États-Unis et entre 5 et 7 % de l’extérieur de l’Amérique du Nord. Dans trois ans, quand son chiffre d’affaires sera de plus de 50 M$, M. Lamarre, chimiste de formation, prévoit que plus de 70 % de ses ventes seront faites aux États-Unis. À ce moment, son effectif aura passé de 170 à plus de 300 personnes. Depuis 1992, Confab a agrandi son usine à tous les deux ans. Elle compte maintenant 90 000 pi2 et ses actionnaires ont acquis un terrain adjacent de 264 000 pi2 en prévision d’autres expansions.

Pour obtenir la certification de la FDA, il faut avoir un produit à vendre aux États-Unis, ce qui n’est pas le cas de Confab puisqu’elle ne possède aucun produit pharmaceutique en propre. Mais le fabricant s’est entendu avec Axcan Pharma. « Axcan a demandé la certification de la FDA pour un futur médicament contre les ulcères d’estomac en précisant qu’elle voulait que ce soit nous qui le fabriquions, explique Richard St-André, chimiste lui aussi et président de Confab. C’est pour cette raison que la FDA est venue à Saint-Hubert. »

Selon M. Lamarre, il est peut-être plus difficile pour une société canadienne d’obtenir la certification FDA que pour une américaine. « Quand une société canadienne demande la certification FDA, ça signifie un concurrent étranger de plus sur le marché américain. J’ai l’impression que le réflexe protectionniste des inspecteurs de la FDA joue et que la marge de manoeuvre est encore plus mince pour une société canadienne. »

Des ampoules... imbuvables aux États-Unis M. Lamarre a fondé Confab en 1979, à l’âge de 31 ans, après avoir travaillé pour plusieurs laboratoires médicaux. « Comme je n’avais que 1 000 $ pour partir, j’ai dû louer l’encapsuleuse pour remplir mon premier contrat, un produit autobronzant par voie orale. » Après avoir décroché d’autres contrats pour remplir des ampoules buvables, il a obtenu un prêt pour petite entreprise (PPE) du gouvernement du Québec pour acheter une machine en France. Aujourd’hui, 90 % des ampoules buvables de verre vendues au Québec sont fabriquées par Confab, que M. Lamarre considère comme le plus important fabricant à contrat à capital fermé au Québec. Curieusement, les ampoules buvables sont pratiquement introuvables à l’extérieur du Québec. « Vous savez comment c’est aux États-Unis, explique M. Lamarre avec un peu d’ironie. Si une personne se coupait le doigt en cassant une ampoule, elle pourrait poursuivre le fabricant pour 100 M$ US. »

Néanmoins, Confab tentera de percer le marché encore limité des ampoules buvables en plastique aux États-Unis. Mais le plus important marché pour Confab aux États-Unis restera sans doute celui des capsules et des comprimés. Comme les ampoules, on ne trouve pratiquement les suppositoires qu’au Québec . « C’est une invention française que les anglo-saxons n’ont jamais aimée », explique M. St-André, arrivé chez Confab en 1987.

Les marques privées, comme celles des pharmacies Jean Coutu, Uniprix, Familiprix, Essaim, Pharmaprix et autres représentent 9 % de son chiffre d’affaires. Confab détient environ 75 % du marché des vaporisateurs nasaux de marques privées au Québec.

La sous-traitance est une avenue de plus en plus empruntée par les multinationales pharmaceutiques, affirme M. Lamarre, qui cite l’exemple de Novartis, qui a vendu l’année dernière son usine de Toronto à Patheon. « Traditionnellement, les sociétés pharmaceutiques ne se sont jamais beaucoup souciées des coûts de fabrication, parce qu’elles font d’énormes profits ailleurs. Mais les choses sont en train de changer et elles s’aperçoivent que des sous-traitants peuvent faire le même travail à moindre coût. »La fabrication représente environ 20 % du coût des médicaments.

Coup d’oeil sur l’entreprise

Nom : Laboratoires Confab
Activité Sous-traitance de produits pharmaceutiques
Siège social Longueuil (Saint-Hubert)
Employés 170
Chiffre d’affaires 25 à 30 M$
Marché Amérique du Nord
Actionnaires Guy Lamarre (80 %) et Richard St-André (20 %)
Année de fondation 1979

Site Internet confab.ca

 

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